One-Shot

Bonjour ! (enfin bonsoir... WTF, il est déjà si tard ?! O_O)

Je pense qu'avant que vous vous précipitiez tous pour voir quelle horreur j'ai pondue cette fois-ci (parce que vous vous précipitez, pas vrai ? pas vrai ? *silence*), je vous dois quelques explications.
Ce n'est pas, à proprement parler, une fiction sur D.Gray-man. Enfin, on y retrouve vaguement Allen vers la fin, mais en vérité, ceci est une annexe au one-shot écrit par Strike-kun : Love Means Death.
(bon, j'ai mis le lien vers l'article précis où cette merveille a été postée, alors les paresseux, allez le lire, c'est un vrai chef-d'½uvre ! >.>)
Alors voilà, j'voulais raconter l'histoire des parents inventés d'Allen, et puis je suis partie dans un truc pseudo-sombre où il ne se passe au final pas grand-chose... Oh, et ne vous étonnez pas du jeune âge des personnages. À l'époque on se mariait très jeune car on ne vivait pas longtemps. ^^'


Et comme d'habitude... j'ai mis deux mois pour écrire ce machin affreux... ¬v¬

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Il y avait, longtemps auparavant, une contrée où deux peuples se côtoyaient. Les Elfes, portés par le savoir, l'intelligence et les dons innés. Et les Humains, fils de la terre brute, menant une quête de puissance et voulant conquérir, par quelque volonté insondable, tout ce qui se trouvait entre Ciel et Terre. Aucun de ces peuples ne pouvait souffrir la présence de l'autre ; les Elfes par agacement et hauteur devant ces hommes si bêtes, et les Humains par jalousie de ce savoir si naturel offert aux autres.

Ils s'affrontèrent. Pendant des siècles, leurs deux espèces se combattirent sans relâche. Une haine féroce se tissa entre eux, comme un lien indestructible et sur lequel ils tiraient sans cesse. Leur vie n'était qu'attaques et combats, et bientôt leurs enfants grandirent sans plus avoir d'autre éducation qu'un véritable entraînement militaire. On forgea le caractère de gamins de dix ans, leur apprenant à haïr le peuple ennemi. Les années passant, chacun ne voyait plus l'autre que comme un groupe d'animaux sanguinaires. Toute considération, marque de respect ou quelconque sympathie pouvait être passible de mort. Les Innommables ; c'était le titre qu'ils se donnaient mutuellement.

Après des centaines d'années de guerres et de massacres, lorsque toute forêt et toute montagne posséda sa propre mémoire de feu et de sang, le conflit cessa. On ne sut jamais par quel miracle les dirigeants ouvrirent les yeux ; mais un beau matin, un message circula dans chacun des deux royaumes. Des crieurs se rendirent dans chaque village et chaque ferme, pour annoncer la nouvelle. Durant la nuit, les seigneurs des deux peuples s'étaient rencontrés, pour la première fois depuis au moins trois siècles, et s'étaient parlés. Désormais, on ne combattrait plus. Désormais, la paix était plus importante. En un seul matin, on brisa les illusions dans lesquelles chaque peuple était bercé ; non, les ennemis presque millénaires n'étaient pas de simples animaux ; oui, ils vivaient, existaient, possédaient âme et sentiments.

On se questionna ; mais les rois restèrent muets. Jamais personne ne parvint à connaître leurs raisons. La paix revint, ou vint — car avait-elle seulement déjà existé ? —, mais ce ne fut qu'après que des torrents de sang, de fureur et de larmes eussent été versés.

Un Pacte fut signé, déclarant les combats entre Elfes et Hommes interdits. Néanmoins, on ne pouvait effacer huit cents ans de guerre en une nuit ; un accord fut donc conclu, pour éviter toute nouvelle embrouille : chaque peuple devait rester de son côté, et vivre sa vie comme il l'entendait, sans jamais empiéter sur le territoire de l'autre. Pour cela, une règle fut décidée ; un homme et un Elfe ne devaient jamais dépasser le stade du respect dans leur relation.

« Toutes personnes ayant des liens affectifs, en dehors du respect, seront punies par la peine de mort. »

Pour délimiter et symboliser cette séparation pacifique, des arbres furent plantés entre les deux capitales, humaine et elfique. Bientôt, une forêt naquit, une forêt encore vierge de violence, jeune et porteuse de promesses de paix. Au centre exact de cette forêt se tenait un endroit inconnu du peuple et pourtant plein d'histoire ; un minuscule cabanon de bois, frêle et grinçant, dans lequel le roi des Hommes et celui des Elfes s'étaient rencontrés en secret pour abolir cette guerre sans fin.

Bien plus tard, ce même cabanon serait le témoin d'une nouvelle rencontre de ces deux espèces. Une rencontre à la fois tragique et terriblement belle, un hymne à la tolérance et à l'amour. Mais ceci est une autre histoire.

Les deux rois, ainsi que les seigneurs ayant signé le Pacte, moururent. Leur descendance reprit les rênes avec soin. L'actuel roi des Humains eut alors un enfant ; un fils, fort et robuste, aux yeux sombres et aux cheveux noirs. Le pays en fut heureux ; on avait un descendant, la lignée était assurée. De grandes fêtes furent organisées, comme de coutume. On loua la sagesse du souverain, la douceur de sa femme, l'avenir que représentait le nourrisson.

Le prince fut nommé Théïs. Son enfance se déroula paisiblement, entourée de richesse et de paix. C'était un garçon vif, intelligent, dont le visage rond et lisse laissait déjà présager une grande beauté. Ces présages se révélèrent exacts ; vers l'âge de treize ans, Théïs grandit brusquement, son corps prit des formes plus fermes et masculines, et son visage perdit de cette douceur qui fait le charme d'un enfant pour devenir anguleux et plein de cette androgynie propre aux adolescents. Vers dix-sept ans, sa transformation quasi-achevée, il avait déjà la mâchoire ferme et la force de l'adulte.

On jugea bon de le fiancer à quelque fille de bonne famille. On choisit pour cela une demoiselle de noble ascendance, qui avait la chance de n'avoir qu'un an de moins que Théïs, soit seize ans. Elle possédait déjà pour sa part tous les atouts de la femme, de sa taille fine à son buste joliment dessiné. Ses yeux noirs, qui contrastaient agréablement avec sa chevelure claire, faisaient que l'on parlait de son apparence en des termes élogieux et enthousiastes. Elle se nommait Adela.

Le mariage fut conclu très rapidement. Il ne présentait que des avantages pour les deux familles, ainsi que pour les concernés ; car bien entendu, qui disait jeune et jolie fille de noble lignée disait également descendance assurée. Au pire, si la jeune femme se montrait inapte à produire un héritier, on pouvait toujours rechercher pour Théïs une autre prétendante.

Théïs et Adela ne s'étaient encore jamais rencontrés. Deux mois avant les noces, la famille d'Adela fut invitée au château royal lors d'un bal donné en l'honneur de quelque grand seigneur du passé. On dansa, on festoya, et les deux promis eurent enfin l'occasion de se parler.

La première chose que Théïs pensa lorsqu'il posa ses yeux sur Adela fut qu'elle n'était pas de son goût. Son petit air hautain et parfois même condescendant lui sembla exagéré. Pendant quelques minutes, ils se regardèrent tous deux du coin de l'½il, et si l'on en croyait le léger froncement de sourcils présent sur le front de sa future, elle non plus ne semblait pas satisfaite. Le roi poussa son fils avec un sourire moqueur, pensant que ce qui le retenait d'aller voir sa fiancée n'était que de la timidité, et les deux jeunes gens se firent enfin face. Adela, le visage orné d'un sourire trop grand pour être naturel, tendit sa main droite avec lenteur, et Théïs, selon l'usage, la frôla de ses lèvres.

La soirée se déroula très rapidement. Ils échangèrent des politesses, firent des commentaires sur les avantages et inconvénients que le mariage présentait... Et bientôt la jeune femme rentra chez elle en compagnie de son père. Théïs se contenta de les regarder partir avec une moue un peu agacée. Adela n'avait pas semblé lui prêter la moindre attention particulière. Elle n'avait répondu que le plus succinctement possible à ses questions, avances ou sourires, et toujours son esprit avait semblé... ailleurs.

Il n'en parla à personne. Plusieurs fois, dans le mois qui suivit, ils se revirent. Et ce fut la même chose à chaque rencontre. Les beaux yeux noirs d'Adela, baissés au sol comme la politesse l'exigeait de la part des femmes de l'époque, semblaient voir bien au-delà des herbes sèches tapissant le plancher. Elle n'entendait que d'une oreille et répondait parfois même de travers, s'excusant poliment quand c'était le cas. Un jour, Théïs s'énerva. Il lui attrapa le bras et la força à le regarder dans les yeux. Il parla d'une voix forte, exigeant qu'elle lui accordât l'attention qui lui était due en tant que prince et son futur époux. Les yeux humides, elle répondit alors :

- Dites-moi, seigneur, pourquoi je devrais prêter attention à un homme qui va faire de ma vie une prison, quand d'autres me promettent liberté et bonheur ?

Sur ces mots, elle lui tourna le dos et s'en alla d'un pas vif.

Théïs vit rouge. Loin d'être un idiot, il comprit parfaitement le sous-entendu des mots de sa fiancée. Quelqu'un d'autre lui faisait des avances. Mais qui ? sachant que le royaume entier était prévenu des noces prochaines, qui avait encore l'audace de séduire la future reine ? Il chargea un valet de se rendre au manoir de la famille d'Adela, pour mener une enquête discrète.

Ce valet revint seulement une semaine plus tard. L'affaire semblait simple ; là-bas, chaque domestique, servante, aide de cuisine ou même écuyer savait que Adela sortait parfois la nuit et ne revenait qu'au petit matin. Diverses rumeurs couraient à ce sujet ; depuis la simple balade nocturne jusqu'à des histoires scabreuses de rites sinistres. Adela s'était visiblement forgé une solide réputation de femme mystérieuse, et on jugeait parfois même que son apparition quelque part était de mauvais augure. Théïs ne sut que penser de cette histoire. Selon le valet, les parents de la jeune femme tenaient absolument à ce que ces histoires ne franchissent pas les murs du manoir, de peur que l'on annule le mariage.

De nouveau, le prince fit surveiller sa fiancée. Pendant près de deux semaines, il n'entendit plus parler de son serviteur. Des rumeurs se mirent à courir selon lesquelles quelque chose d'étrange se déroulait au manoir. Mais plus personne n'en sortait ni n'y entrait, que ce fût noblesse ou simple servants.

Une semaine avant le mariage, on apprit une terrible nouvelle. Adela était morte. Les parents de la défunte refusèrent de dévoiler les circonstances de cette horrible perte. Mais dans toutes les rues de la ville, une rumeur circula, selon laquelle elle se serait suicidée, se tranchant la gorge avec une petite dague. Et les plus bavards ajoutaient même que lors de cette découverte, son corps ensanglanté paraissait encore briller de tout l'éclat de sa beauté...

Le valet du prince ne revint jamais. En revanche, au fond des jardins du manoir où vivait Adela, on retrouva un second corps, celui d'un homme d'une vingtaine d'années dont le nom resta inconnu. Cette mort-là fit beaucoup moins de bruit, et personne ne s'emballa non plus des traces de lutte qu'on voyait à cet endroit. Théïs déduisit de l'histoire que sa promise avait un amant et s'était très certainement suicidée en apprenant la mort de celui-ci.

Le mariage ne fut pas annulé. Pour se faire pardonner, la famille de la morte offrit en fiançailles à Théïs sa seconde fille, de quatorze ans. Si elle possédait également un certain charme, celui-ci n'avait rien à voir avec la beauté éblouissante d'Adela. Ils se marièrent le jour convenu, comme si rien n'avait changé, et pourtant on sentait planer au-dessus de cette union l'ombre de la morte.

Théïs, qui avait mal pris toute cette histoire, s'occupa très mal de sa femme. Il la déflora brutalement lors de leur nuit de noces puis l'ignora de tout son être. Un pressentiment affreux se glissait en lui jour après jour, au point qu'il crut devenir fou. Partout, dans chaque recoin du château, il croyait apercevoir les grands yeux noirs de sa précédente fiancée le fixer avec haine, et il ne pouvait s'empêcher de penser que son fantôme était venu le hanter. Il se prenait même à penser qu'elle le croyait responsable de sa mort.

Le prince commença à visiter des voyants, des sorcières et d'autres escrocs de mauvais genre. Chacun lui prescrivit divers potions et sortilèges pour se débarrasser de l'esprit. Dans la chambre conjugale, les gens virent bientôt apparaître grigris et inscriptions. Chaque soir, il buvait des décoctions écarlates dont il refusait d'indiquer la provenance et les ingrédients. Mais une rumeur disait que des poulets avaient été retrouvés morts, vidés de leur sang... Ces sorts semblèrent fonctionner, ou du moins le crut-il, car ses visions cessèrent.

Pendant près de deux ans, Théïs connut alors une période d'excessive gaieté. Il organisa de grandes fêtes, partit en chasse, se rendit avec son ambassade présenter ses respects au peuple elfique... Au bout d'un an, lorsque son père le Roi commença à vieillir et lui commanda un héritier, il se tourna vers sa femme, qu'il semblait avoir oubliée depuis ce temps. Quelques mois plus tard, on apprit la nouvelle ; la princesse attendait un enfant.

Le pays entier sembla s'enivrer de prospérité et de calme. Plus le ventre de la jeune femme s'arrondissait, plus on faisait de bals, de fêtes, de marchés. Une filière de commerce entre Elfes et Hommes s'ouvrit même, avec prudence car on ne savait toujours pas comment se traiter mutuellement. Les derniers vestiges de la Grande Guerre semblaient s'effacer peu à peu, en même temps que les ruines des champs de bataille s'érodaient ou se couvraient de verdure.

Un soir, à un mois à peine de la date prévue de l'accouchement, un cri se fit entendre dans tout le château. On retrouva le prince en sueur, dans son lit, pointant un doigt tremblant vers la fenêtre. Au-dehors, une tempête soufflait avec force, faisant danser les branches d'un arbre. Théïs hurla à qui voulait l'entendre que le fantôme était de retour, qu'il lui avait parlé.

- Elle m'a maudit ! Elle m'a maudit... Elle nous a tous maudits !

Puis il tourna son regard devant sa femme en état de choc, et posa avec force ses mains sur son ventre rond.

- Elle a maudit cet enfant !!!

Son regard se révulsa et il retomba dans ses draps, agité de spasmes et de hoquets violents. Des servantes apportèrent de l'eau glacée, on la lui passa sur le visage. On tenta de le calmer, de le raisonner, murmurant calmement que c'était sûrement un cauchemar, que la silhouette qu'il prétendait avoir vue n'était sans doute qu'une ombre mouvante due à la tempête.

Pendant le mois qui suivit, des cernes apparurent sous ses yeux. Il avait fait déplacer sa femme, refusant de la voir, de la toucher, de lui parler. Il réagissait avec vigueur chaque fois qu'on osait prononcer son nom ou qu'on venait lui parler de la naissance prochaine de l'enfant. Cet événement semblait d'ailleurs le plonger dans l'effroi le plus profond.

Enfin, un beau matin, l'accouchement se déclencha. Forcé par son devoir de prince d'attendre dans un couloir non loin de la chambre de sa femme, Théïs sursautait de frayeur à chaque cri que celle-ci poussait. Un filet de sueur glacée coula le long de son échine lorsqu'une servante passa devant lui, portant un drap taché de sang. Pendant près de cinq heures, il attendit ainsi avec des hommes de la cour et ses parents. Chez eux, seule une angoisse réservée se faisait sentir. Une naissance se déroulait rarement de façon impeccable, même au sein d'un milieu social si élevé ; et elle se soldait souvent soit par la mort de la mère, soit par celle de l'enfant. Sans en dire un mot, tous espéraient que l'enfant vivrait plutôt que la mère, si décès il devait y avoir.

Enfin, une servante épuisée vint les chercher. Ils furent tous frappés par son expression effrayée et ses mains serrées convulsivement. Elle annonça que la mère et l'enfant étaient vivants, mais son visage crispé indiquait que quelque chose s'était mal passé. Ils se rendirent tous dans la chambre, où l'air était devenu moite. La jeune mère était assise dans un grand lit, une couverture plaquée contre son corps en nage. Dans ses bras, elle tenait un tout jeune bébé. Le prince vit aussitôt ce qui n'allait pas.

L'enfant avait les cheveux aussi blancs que la lune.

Poussant un rugissement, il se précipita sur sa femme et lui arracha le nourrisson des mains. C'était un garçon. Très loin de la réjouissance que cette découverte était censée déclencher, très loin de tout le bonheur lié à la naissance, Théïs brandit le bébé devant l'assistance, les yeux écarquillés, les pupilles dilatées par la folie.

- Voyez ! Voyez ce que cette sorcière a fait ! Ceci n'est pas mon enfant ! Ce... cette... chose... cette horreur est l'enfant du diable, le fruit des ténèbres !

Il leva le bras, comme pour jeter à terre cet être dont l'existence semblait déjà si infâme à ses yeux ; à cet instant, le bébé ouvrit la bouche et se mit à pleurer.

Son corps se figea. Soudain incapable de bouger ou de parler, il fixa l'enfant qui se débattait doucement dans sa poigne de fer, luttant pour respirer. Ses paupières fripées se soulevèrent, dévoilant deux prunelles couleur cendre. Pendant de longues secondes, le père et le fils se regardèrent. Personne n'aurait pu prévoir ce qui se passa alors.

Théïs leva le petit corps au niveau de son visage. On raconte qu'alors, une larme solitaire dévala sa joue et qu'il reposa le bébé dans les bras de la mère effrayée, avant de quitter la pièce d'un pas lent.

Quelques heures plus tard, on le trouva au beau milieu des jardins, assis sur un banc de pierre. Le vent soufflait entre les branches des arbres dénudés par l'hiver et le prince regardait le sol, les traits impassibles. Ses conseillers abordèrent le sujet de la naissance avec prudence, craignant une nouvelle crise de fureur, mais il se montra étonnamment calme. En revanche, lorsqu'ils en arrivèrent à parler du nom qu'il souhaitait donner au nourrisson, il les interrompit.

- Allen. Son nom sera Allen.

On ne sut jamais pourquoi il avait choisi ce nom, mais le prince Allen reste à ce jour le plus connu de tous. Son histoire fut racontée encore et encore, traversant les âges et les époques. En revanche, le nom de Théïs s'oublia au fil du temps. Quant à celui de sa femme, personne ne le retint jamais.

La malédiction d'Adela sembla perdurer pendant plusieurs générations... chaque fois qu'un héritier apparaissait, il mourait prématurément dans des circonstances dramatiques.

L'ombre de l'amour déçu cesserait-elle un jour de planer sur cette famille ?...


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Mais quand est-ce que je sortirai quelque chose de potable bon sang ??? xD

# Posted on Thursday, 27 August 2009 at 5:14 PM

Edited on Saturday, 28 November 2009 at 1:06 PM

À toi, source de mes joies et mes peines, source de ma vie.

À toi, source de mes joies et mes peines, source de ma vie.
Je sais pas combien de fois il va falloir que je te le dise pour que tu comprennes x]. Alors j'm'en fiche, je le dis et le redis.

J'ai jamais eu personne comme toi à mes côtés. Qui me file autant de joies, de peines, de soucis et de putain de lires. T'es ma reine, ma meilleure amie, ma s½ur de c½ur, ma mère-fille-fiancée (au fait il est quand déle mariage ?), ainsi que la lumière qui m'a éclairée tout du long.

Alors merde, je vais ressortir notre vieux credo (et oui, tu vas aller pleurer sur ton sort devant la débilité de cet acronyme qu'on a inventé ensemble) :

MAMPT

Oui, pleurons chère Linou minou minou minou. Pleurons sur le feu qu'on fait en se frottant les mains et me qu'on est oblies de plonger la te la première dans les WC pour l'éteindre, pleurons sur la chanson scato, pleurons sur le A DOUZE C'EST LA PARTOUUUUZE !!!!!, pleurons sur nana irono kaze ni fukarete, pleurons, pleurons, pleurons et pleurons encore. Parce qu'on s'en fout d'avoir l'air débiles, on s'en est toujours foutu, y compris quand on parcourait la cour du collège de long en large en scandant les chansons du Roi Lion ou Harmonia, au choix.

Putain, c'que je t'aime !

# Posted on Sunday, 20 September 2009 at 8:29 AM

Edited on Monday, 23 November 2009 at 5:38 PM

Citation, Guy de Maupassant. Petite anecdote qui n'intéresse personne... le nombre d'épisodes d'animes en tous genres que j'ai regardés s'élève à 1135... sachant que j'ai rerereregardé certains épisodes... xD

Citation, Guy de Maupassant. Petite anecdote qui n'intéresse personne... le nombre d'épisodes d'animes en tous genres que j'ai regardés s'élève à 1135... sachant que j'ai rerereregardé certains épisodes... xD
« De toutes les passions, la plus compliquée, la plus difficile à pratiquer supérieurement, la plus inaccessible au commun, la plus sensuelle au vrai sens du mot, la plus digne des artistes en raffinement, est assurément la gourmandise. De création purement humaine, inconnue aux premiers vivants, perfectionnée d'âge en âge, grandissant avec les civilisations, dédaignée des barbares et de la plèbe, incomprise des médiocres,prisées des sots, ce qui est une gloire ; peu appréciée des femmes, ce qui l'idéalise* ; variable à l'infini malgré les siècles et les travaux des grands cuisiniers — la gourmandise réside dans l'exquise licatesse du palais et dans la multiple subtilité du goût, que seule peut posséder une âme de sensuel cent fois raffiné.
Les véritables gourmands sont rares comme les hommes de génie. »


Maupassant... Laisse-moi rejoindre ta seeeeeeecte !!! x'D

* sale misogyne @__@

# Posted on Friday, 29 May 2009 at 3:23 PM

Edited on Tuesday, 24 November 2009 at 4:00 PM

Surprise surprise

Surprise surprise
Tout simplement parce que quand notre mtresse vénérée de la traduction se tue à la tâche pour nous et qu'on veut lui faire un cadeau de remerciement, ça finit invariablement par se barrer en sucette 8D.

A
lors, voi : vous avez sous vos yeux le fruit de nos cerveaux déjantés, à elle et moi (surtout elle en fait), notre chef-d'½uvre, un monticule de débiliet de lire.

ga-détournement (16 pages)
Pour Strike-kun, hip hip hip, hourra ! xD

T
hank you for Believe ! <3

# Posted on Tuesday, 07 July 2009 at 4:44 PM

Edited on Saturday, 14 November 2009 at 2:17 PM

[ HS ]

[ HS ]
愛してる...

Photo : Moi ? j'en suis plus si sûre... =='
Mais qui est cette inconnue qui m'a volé mon corps ? xD

# Posted on Monday, 29 June 2009 at 2:54 AM

Edited on Saturday, 14 November 2009 at 4:19 PM

En ce jour béni du 11 novembre, où il y a quelques décennies l'armistice était signé, nous fêtons l'anniversaire de Tama, notre grande prêtresse du Lavyu à tous xD.

Otanjoubi Omedetou, Tama-pon >D

# Posted on Tuesday, 18 August 2009 at 3:32 PM

Edited on Thursday, 12 November 2009 at 4:18 PM

OS Almayu. Reverse

OS Almayu. Reverse
Et voilà, déjà deux fictions écrites sur le duo/couple (?) Almayu. 'Nous en veuillez pas, hein. Kanda est tellement drôle à mettre en couple.

Cette... chose est donc le miroir de la fiction écrite par DGMotaku, c'est-à-dire la même chose (à peu près) mais écrite par moi d'un autre point de vue.
Hum, désolée, je suis un peu partie en live sur le début...

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Alma savait à peine ce qui l'entourait. Depuis neuf ans qu'il était plongé dans cet état comateux — dont il ne savait même plus, d'ailleurs, le pourquoi du comment — son cerveau avait peu à peu perdu contact avec l'extérieur. Durant les premiers mois, il avait eu conscience des bruits qui l'entouraient. Ces bruits étaient flous mais lui permettaient de s'accrocher à quelque chose pour ne pas devenir fou. Mais bientôt les sons ne parvinrent plus à atteindre son cerveau, qui se retrouva plongé dans le silence.

S'il est une chose encore pire que le noir pour rendre fou un homme, c'est bien le silence. Pas le calme paisible qu'on aime entendre lorsque le monde se tait autour de nous ; mais le silence terrible, affreux, celui où rien ne perce, pas un son, pas un murmure, pas un souffle. Celui qui glace et qui pèse en même temps. Celui qui nous fait nous sentir si seul, si seul, dans un monde où l'on ne comprend plus rien, où l'on se perd. Alma ressentit ce silence, au plus profond de lui-même. Et son immobilité ainsi que son incapacité à voir ce qui l'entourait — car sa vue s'était évanouie à peine quelques semaines après le début de son « sommeil » — manquèrent de le rendre fou.

Son cerveau avait encore gardé quelques réflexes. Il chercha, dans les limbes de son esprit confus, une chose, n'importe laquelle, pour se raccrocher à ses derniers lambeaux de conscience. Il trouva presque instantanément l'image d'un garçon aux cheveux noirs et aux yeux vides.

Il se demanda mollement qui était ce garçon qui lui permettait encore de penser. Il était presque certain de l'avoir déjà rencontré. Il se souvenait de ces yeux, ces yeux d'un bleu presque noir. Il se souvenait de les avoir vus s'écarquiller de curiosité, s'allumer brièvement d'une vie timide, s'éclairer d'un sourire et même s'étoiler de larmes.

Des larmes. Quand avait-il vu les larmes envahir ces beaux yeux ? Un songe le prit, où il crut se voir en train de passer une main douce dans les cheveux de ce garçon. Puis de le serrer dans ses bras. Pendant un instant, il pensa même retrouver la sensation de ces larmes humides contre son épaule, à travers son toucher disparu.

Pourtant, malgré cela, malgré les bribes d'une vie qui ne lui appartenait plus, il ne se souvenait pas du nom de cet enfant. Cet enfant aux cheveux noirs. Il ne se souvenait de rien d'autre que son sourire toujours à demi-caché, et ces larmes qui réveillaient en lui une sorte de malaise. Presque de la culpabilité, mais son cerveau n'était plus en état de faire la différence.

Mais quelque chose changea en lui. Bien que ce fût infime, il le sentait l'emplir, un sentiment peut-être, il ne savait plus. Mais ce quelque chose restait. Et s'étendait davantage chaque fois qu'il revoyait le visage flou de ce garçon.

Et puis soudain... Alma se mit à ressentir. À ressentir une chose qui n'était ni son corps, ni sa faible conscience.

Une présence.

Cette présence l'obséda presque immédiatement. Si proche... elle était si proche ! La personne, la personne qu'il recherchait, il la sentait, là, près de lui, contre lui. Une lutte acharnée se déclencha dans tout son organisme en sommeil. Il se battit, pour penser, pour continuer de ressentir, jusqu'à ce qu'enfin... il sente. Jusqu'à ce qu'enfin il découvre sous son dos une surface qui n'était ni illusion ni rêve. Jusqu'à ce qu'enfin une lumière floue filtre jusqu'à sa rétine, par ses yeux ternes et entrouverts.

Un visage se tenait au-dessus du sien. Ce visage. À travers la paroi transparente qui les séparait encore, il vit le souvenir se superposer au présent. Ses cheveux avaient poussé. Son visage avait changé. Mais c'était toujours lui, lui, « lui », celui qui lui avait permis de tenir, celui qui avait préservé son c½ur à demi-mort de la folie.

Les yeux noirs s'écarquillèrent, comme... avant. La bouche d'Alma s'ouvrit, mais aucun son n'en sortit. Et pourtant... il sut, à cette étincelle qui éclaira le regard de son vis-à-vis, que celui-ci comprenait, ressentait tout comme lui.

- Yu...

Il répéta son nom. Ce nom dont il se souvenait enfin. Et en même temps que le nom revint la mémoire. Une larme de sang s'écrasa entre eux.


FIN.

Beurk, c'est moche XD. Mais j'ai écrit ça en une heure. Wow.

Pix by Zeolite <3

# Posted on Thursday, 27 August 2009 at 12:12 PM

Edited on Tuesday, 03 November 2009 at 6:36 AM

Fanclub Almayu.

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Co-créatrice et membre du fanclub Almayu !
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[ Pour les plaintes, c'est chez Tama ! ¬v¬ *ZBAF* ]

# Posted on Tuesday, 11 August 2009 at 12:25 PM

Edited on Saturday, 14 November 2009 at 6:54 AM

« Oh non, j'ai fait une tache de fraise molle sur ma cravate laide... » - Avez-vous déjà vu un mec qui se plaint tout le temps ?

« Oh non, j'ai fait une tache de fraise molle sur ma cravate laide... » - Avez-vous déjà vu un mec qui se plaint tout le temps ?
Je veux, j'aimerais... (plein de choses mais je vais me restreindre, en fille humble que je suis *auréole*)

- La voir... Même si on se verra jamais assez =)

- Rencontrer mon sensei à la foire !! =D _ <3

- Le tome 18 de D Gray Man... Le 3 / 02 / 10 ! Merci de l'info Striky ! ^^

- Aller à la soirée chez Dim' !!
_ Géniaaaal ! >w<

- CONCERT DE M LE PREMIER AVRIL !!!! >w<

# Posted on Wednesday, 09 September 2009 at 9:22 AM

Edited on Saturday, 28 November 2009 at 4:18 PM

OS Laven « Es-tu en train de t'éteindre, Allen ? »

OS Laven « Es-tu en train de t'éteindre, Allen ? »
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___________________Vous l'aviez redouté attendu, eh bien ! le voilà >'D._____________
_________________--__One-Shot Lavi x Allen dédié à Striky donc, ainsi que Nami-chan---
______________________et tous les membres du MRCALEF en général ! ^^_--___'_____
________________________Bonne lecture ! Ou pas...____________________________
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Applaudissez-le, il est passé par de nombreux obstacles (notamment effacements-recommencements-mécontentement de l'auteur-etc...). J'espère qu'il vous plaira.
O
h, et au fait ! C'est shônen-ai ! Si, si, pour de vrai ! =D Oui oui je sais moi non plus j'arrive pas à y croire ! -_-'
(Les fans de Yuvi et Tyllen ont autorisation de me lapider parce que je suis incapable de leur en écrire ¬v¬)

Striky, je suis vraiment, mais alors VRAIMENT désolée du retard. C'était pas prévu. J'espère que tu me pardonneras... Un mois d'attente pour ça... :'(


Sforzando.
En musique, le Sforzando est une nuance. On accentue une note d'un coup sec, avant de diminuer rapidement le son.

Lavi poussa un soupir. Le silence était pesant, dans cette chambre étouffante. L'obscurité semblait rendre l'air encore plus lourd, si c'était possible, et l'odeur ambiante de fièvre et de sueur ne faisait rien pour arranger les choses. Jetant un regard autour de lui, il fit l'inventaire du peu de meubles de la pièce, qu'il avait pourtant déjà enregistrés, ainsi que leur position, au moment même où il était entré. Une table, deux lits, dont l'un sur lequel il était assis, une armoire à la porte abîmée dans un coin. Les rideaux de la fenêtre étaient tirés, le plongeant dans une pénombre aux tons bruns/ocres, qui laissait à peine deviner les susdits meubles. L'ennui le reprit, se disputant à l'inquiétude, et il retourna écouter le vide.

Finalement, ce n'était pas si silencieux que cela. Certes, personne ne parlait, ni lui, ni l'inspecteur aux cheveux blonds pourtant debout à moins de deux mètres, et encore moins la silhouette pâle allongée dans le second lit ; mais il percevait parfois le son des pas d'une personne passant devant la porte, un coup de vent dans les arbres au-dehors — la fenêtre était entrebâillée, laissant parfois passer un courant d'air froid. Et pourtant, il étouffait.

C'était peut-être à cause d'Allen. Allen, allongé sur ce lit devant lui, la respiration sifflante et le corps en ébullition. En vérité, c'était peut-être bien cela qu'on entendait le plus ; son souffle laborieux, parfois agrémenté d'un faible gémissement. C'était pour lui que toute lumière était éteinte, pour lui que la fenêtre était ouverte, et à cause de lui que l'air était moite et suintait la douleur. Même avec le peu de lumière, Lavi pouvait voir la parcelle de cou luisante qui dépassait de l'épaisse couverture. Le gamin était trempé et brûlant, le visage crispé — ou du moins, c'était ainsi qu'il l'imaginait, et pour le moment, il n'était pas pressé d'aller vérifier. D'abord parce que cela ne ferait qu'augmenter son inquiétude ; ensuite parce que Link ne lui avait permis de rester qu'à la condition qu'il ne s'approchât pas du blessé de moins de dix pas.

Allen et les autres étaient rentrés la veille au soir. Blessés, pour certains d'entre eux en tout cas. Il avait senti son estomac se nouer douloureusement en apercevant les moignons sur la main droite de Marie. Le reste était confus ; on avait parlé de morts, d'akuma et de piège. L'infirmerie était bondée de gamins fiévreux dont il savait simplement qu'ils avaient été attaqués dans un orphelinat. Le résultat était que Kanda et Allen étaient restés dehors, chassés par l'infirmière débordée. Et puis soudain, Allen s'était effondré au sol, brûlant de fièvre. Il ne s'était pas réveillé depuis.

Lavi était là à l'instant où cela s'était produit ; et il n'avait pu que regarder Link entraîner le garçon dans sa chambre pour l'allonger sur le lit. L'inspecteur affirmait qu'il ne s'agissait que d'une simple fièvre due à trop de blessures. Selon lui, l'Innocence de type symbiotique d'Allen, habituée à guérir toute plaie, était trop sollicitée et fatiguait, déclenchant une réaction dans son organisme.

Cela faisait près de deux heures qu'il attendait au chevet d'Allen. Il ne se souvenait même plus de la raison pour laquelle il était arrivé dans cette chambre. Ah, si... Il n'arrivait pas à dormir. Après quatre heures de lutte acharnée pour trouver le sommeil, il avait abandonné, et sans réveiller Bookman, était sorti de la chambre. Dans les couloirs, il faisait froid. L'air de décembre s'infiltrait sous les murs et par les grandes fenêtres, et les membres de l'Ordre qu'il croisa étaient tous emmitouflés dans de grandes vestes à la doublure épaisse.

Il avait parcouru un grand nombre de salles et de couloirs sans penser à rien. Il avait espéré se fatiguer ainsi ; mais son corps ne tenait pas en place. Il était arrivé devant l'infirmerie un peu par hasard ; et l'avait trouvée débordante d'infirmières aux cernes lourds, occupées à soigner une trentaine d'enfants fiévreux et délirants, ainsi que Marie, gravement touché. Lavi était resté un instant, distant, à observer ces gens bouger en tous sens pour sauver tout le monde, et s'était encore une fois demandé pourquoi il ne s'inquiétait que pour une seule personne, et pas la plus en danger de surcroît.

Il s'était finalement éloigné sans signaler sa présence et avait encore marché un moment, le visage de son cadet lui flottant en tête, avant de se dire avec justesse que le plus simple moyen de mettre fin à cette litanie d'angoisse était peut-être de rendre visite au concerné. Il avait donc pris la direction de la chambre d'Allen. Ce fut un Link épuisé et de mauvaise humeur qui lui ouvrit. Surpris et agacé, celui-ci accepta de mauvaise grâce de le laisser entrer. Lavi avait tout de suite été enveloppé de la moiteur ambiante, et passée la première stupeur, s'était installé sur le second lit.

C'était ici qu'il se tenait toujours, à près de cinq heures du matin, l'esprit un peu plus calme mais toujours sans sommeil. Depuis deux heures, il écoutait le souffle d'Allen se répercuter dans le silence, et parfois un léger son provenant de Link.

Alors, quand quelqu'un frappa soudainement à la porte, il ne put s'empêcher de sursauter. « Double-Verrue » passa sans un mot devant lui et ouvrit la porte. Il demanda d'un ton agacé :

- C'est pour quoi, encore ?

Dans l'entrebâillement, Reever se tenait droit, ses yeux injectés de sang et les paupières tombantes.

Encore un qui n'avait pas pu dormir de la nuit, songea Lavi.

- Nous venons de recevoir un message de la part de Central, annonça le scientifique. Vous devez rejoindre le secrétaire Luberier là-bas, une réunion importante vous attend tous les deux.

Link jeta un regard à Allen, sur le lit.

- Que fais-je de ma surveillance ? répliqua-t-il.

- Bah, Luberier a dit que c'était bon pour aujourd'hui. De toute façon, Allen ne risque pas de se réveiller avant encore plusieurs heures. D'ici-là, vous serez rentré.

Link ne bougea pas pendant encore un moment, comme s'il hésitait à croire aux paroles de Reever. Puis, avec un dernier soupir las, il attrapa sa veste et sortit. Reever aperçut Lavi et lui adressa un signe de tête.

- Le sommeil te fuit aussi ? demanda-t-il.

- Ouais...

- Une vraie épidémie, marmonna le scientifique. Tout le monde est débordé. Mais c'est bien que tu restes là, surtout préviens-nous s'il se passe quelque chose avec Allen. Bon, salut à toi, Lavi.

La porte se referma. Lavi resta immobile pendant un instant, surpris. La scène s'était déroulée si rapidement... Il s'allongea sur le lit, les bras croisés derrière son crâne, et contempla le plafond blanc, pour l'heure plongé dans la pénombre. Est-ce que cette soudaine convocation était en rapport avec la mission qu'Allen et les autres venaient d'accomplir ?... Ce serait étrange. Habituellement, sauf grandes exceptions, les instances de Central restaient ignorantes de détails tels que les blessures, et pour ce qu'il en savait, à part l'apparition d'un second akuma de niveau 4, tout s'était bien terminé. Dans les grandes lignes, et si l'on oubliait les doigts manquants de Marie et la trentaine de gosses enfiévrés qui menaçaient de faire exploser l'infirmerie en effervescence.

Un second sursaut le prit quand il entendit un gémissement à son côté. Des bruits de draps se firent entendre, ainsi que le son d'un objet tombant au sol. Lavi se leva et constata qu'Allen avait simplement remué dans son sommeil, faisant glisser sur les dalles de pierre la serviette humide posée sur son front. Il la ramassa et la replongea un instant dans la bassine d'eau préparée à cet effet sur la table de chevet. Puis il l'essora et la replaça sur le front brûlant de l'endormi. Sa peau pâle était moite et terriblement chaude sous sa paume, alors qu'il écartait quelques mèches blanches trempées de sueur. Sa main s'attarda encore quelques secondes, puis se retira. Lavi tira une chaise vers lui et s'assit dessus à l'envers, à califourchon, le haut du dossier sous son menton alors qu'il observait le visage tendu d'Allen.

Il ne comprenait pas. Depuis la veille au soir, il avait l'impression de ne plus rien comprendre. Ni ce qui s'était déroulé durant cette foutue mission, ni les enfants malades à l'infirmerie, ni les doigts manquants de Marie, ni la convocation de Link par Central et encore moins Allen et sa foutue fièvre qui refusait de tomber. Serrant les dents, il passa une main nerveuse dans sa tignasse rousse en lâchant un grognement mécontent.

- Et toi, murmura-t-il à l'adresse de Timcanpy, posé sagement sur les draps auprès de la tête de son maître. Tu ne pourrais pas m'aider, un peu ?

Le golem se contenta de rester immobile et, bien entendu, silencieux. Lavi, la main toujours fourrée dans sa nuque, regarda en silence les couvertures se soulever sous la respiration laborieuse d'Allen.

Il ne savait pas pourquoi il restait ici, ni pourquoi le sommeil le fuyait encore. Pourtant, il était rassuré, si l'on pouvait dire, quant à l'état de santé d'Allen. Il n'y avait aucune raison pour que son esprit fût encore perturbé.

- Ah, oui, Reever, murmura-t-il.

C'était un demi-mensonge. À l'instant, la demande de Reever pour qu'il surveillât Allen lui était complètement sortie de l'esprit, mais à présent qu'il s'en souvenait, il la trouvait curieusement accommodante. Pour une raison qui lui échappait, il n'avait pas envie de sortir de cette chambre étouffante de moiteur et d'obscurité. Quelque chose lui disait de rester. Peut-être était-ce le corps d'Allen, qui semblait comme une source de chaleur tant sa fièvre était forte.

Sa main se dégagea de son épaule pour aller ébouriffer affectueusement les cheveux humides de son ami.

- Hey, Allen. Tu vas dormir encore longtemps comme ça ?

Dans le silence épais de la pièce, sa voix semblait empreinte d'un amusement mêlé de mélancolie. Ce fut ce même silence chaud et lourd qui lui répondit, et il s'en sentit curieusement mal. Ses doigts s'enfoncèrent plus profondément dans les mèches de neige éparpillées sur les oreillers.

- Dépêche-toi de te réveiller, Allen... marmonna-t-il.

Cela devenait presque douloureux. Douloureux et angoissant. De voir Allen, ce jeune homme toujours si plein de vie et souriant — même si la plupart du temps ce sourire était faux — étendu là, les lèvres tremblantes et les joues rougies de chaleur. De voir son corps, élancé et énergique, si étrangement immobile et caché sous trois épaisseurs de laine. De le voir immobile, en fait. Car Allen Walker n'était jamais immobile ; Allen Walker était ce genre de garçons qui trouve toujours quelque chose à faire, un coin pour s'entraîner et oublier les révélations pesant sur ses épaules, son passé, ses peurs... Lavi tira légèrement sur les cheveux blancs, espérant un son, une réaction, quelque chose. Il n'obtint rien. Son poing se crispa.

Depuis des jours, Allen se montrait distant, envers tout le monde. Il n'avait même pas pris la peine de les prévenir, ni lui ni Lenalee, qu'il partait en mission. Lavi ne l'avait su que de Komui. Et il rentrait ainsi, l'uniforme lacéré, couvert de sang, et ravagé par la fièvre. Que lui arrivait-il ? Pourquoi ce garçon qui quelques semaines auparavant, dans une arche en plein éboulement, jurait de ne jamais abandonner, se retrouvait aujourd'hui allongé dans un lit, incapable d'ouvrir les yeux ?

Quand la marque de ses ongles fut visible dans sa paume, Lavi desserra la main et la posa de nouveau sur le visage de son cadet. Son index suivit par automatisme la courbe de sa joue, puis celle de sa mâchoire, avant d'aller caresser la commissure de ses lèvres entrouvertes. Il sentit le souffle d'Allen passer sur sa peau, comme pour le rassurer, pour lui confirmer qu'il était bien vivant...

Il se stoppa à cet instant, sentant qu'il commençait à aller un peu trop loin. Il ne connaissait pas très bien ses limites lorsqu'il s'agissait d'Allen. La barrière entre le jeu et l'affection avait fondu depuis longtemps entre eux, mais depuis cette aventure dans l'Arche, depuis ce jour où Road avait libéré cette personnalité inhumaine qui l'habitait, il sentait que même l'affection — déjà prohibée par son clan — qu'il éprouvait, migrait vers autre chose... Et il se refusait à mettre un nom sur ce qu'il commençait à ressentir.

Le souffle contre sa main se fit plus fort, et un nouveau gémissement franchit les lèvres sèches de l'endormi. Allen remua vaguement la tête en serrant les dents. Dans un geste machinal, Lavi replaça la serviette humide sur son front, et un soupir se fit entendre, ainsi que des paroles incompréhensibles. La couverture glissa sur le côté, dévoilant une partie de son cou et ses épaules, sous une chemise qui ne semblait plus être qu'un amas de tissu trempé.

Allen lui faisait désormais presque face. Son visage était luisant, et sa peau semblait dégager un halo lumineux, tant les minuscules lueurs provenant de temps à autres de la fenêtre se reflétaient dessus. Lavi laissa le dos de sa main essuyer un peu ses joues et caresser sa temps et ses cheveux, dégageant de temps en temps une mèche humide venant barrer le front de l'endormi.

C'était presque cruel à dire, mais même dans cette situation, Allen dégageait toujours ce charme qui le caractérisait. « Le charme pur d'un ange », comme se plaisaient à le dire certaines personnes. Lavi n'était pas d'accord. Cette lumière, visible ou non, qui semblait entourer Allen chaque fois qu'il souriait, combattait ou faisait quoi que ce fut, était selon lui un mélange de tout ce qui le caractérisait. Car pour lui, le Bookman, qui cherchait à travers les façades pour creuser dans les rainures crasseuses du monde, il savait que ce qui définissait le mieux Allen n'était pas « Amour » comme on voulait bien le croire. Oui, pour lui, le seul mot qui lui venait à l'esprit quand il voyait le sourire de son cadet, c'était « Tristesse ».

Il savait quand il s'en était rendu compte pour la première fois ; de cette tristesse dans ses sourires. C'était dans l'Arche en destruction. Juste avant qu'ils n'affrontent Tyki et Road. Au moment où lui était venue en tête la métaphore de la lumière, justement. La lumière sur le point de s'éteindre...

- Es-tu en train de t'éteindre, Allen ?

Sa voix n'était plus qu'un murmure légèrement triste.

Le temps s'écoulait lentement, sa main toujours posée sur la tempe brûlante d'Allen, glissant parfois en caressant sa peau. Sous la fenêtre, la lueur pâle de l'aube naissante traçait un sillon clair qui grandissait doucement. Lavi laissa son ½il errer sur le visage peu à peu dévoilé de son camarade. Il suivit du regard la ligne de son cou et de ses épaules, où quelques pansements et bandages parfois tachés de rouge se trouvaient. Une envie dangereuse le prit soudain.

Il se retint, sachant parfaitement que ce genre de choses était interdit, à la fois par son clan et par une règle sans appel de l'Église et du Vatican. Et pourtant...

Jetant un bref regard vers la porte close, il se leva de sa chaise et s'assit sur le bord du matelas. Sa main se posa sur l'oreiller, et il s'appuya dessus pour se pencher. Son front vint reposer contre celui d'Allen, et il ferma les yeux. Le souffle hasardeux du jeune homme caressait son cou et son menton. Il pouvait le sentir, son corps sous son bras, son visage sous le sien.

Leurs lèvres entrèrent en contact très doucement. Celles d'Allen était rendues sèches par la fièvre et la déshydratation. Lavi les frôla à peine, puis, après un instant d'hésitation, y posa les siennes plus fermement. Il ne fit rien, ne bougea pas, profitant simplement de la sensation de leurs corps si proches.

Lorsqu'il rompit le baiser, deux yeux gris et voilés le fixaient. Il mit quelques instant à comprendre qu'Allen était éveillé. Incapable de se soustraire au regard de plus en plus incrédule et étonné de son compagnon, Lavi balbutia :

- Allen, je...

Il fut interrompu par des coups violents frappés à la porte. Se redressant d'un coup et manquant par la même occasion de se cogner la tête contre le mur, il s'éloigna rapidement du lit.

- O-Oui ? articula-t-il en évitant soigneusement de regarder dans la direction d'Allen.

- Lavi, c'est toi ?

- Lenalee ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- C'est Reever qui m'envoie, il pense que tu dois être fatigué...

Lavi l'écoutait à peine. Risquant un coup d'½il dans son dos, il découvrit avec bonheur que le blessé était retourné dans les limbes de son sommeil. Visiblement, il avait simplement ouvert les yeux quelques secondes.

Lenalee ouvrit la porte et jeta un regard inquiet à Allen.

- Je vais te relayer, proposa-t-elle. Va te reposer.

- Si tu le dis...

Avec un peu trop de précipitation pour que ce fût naturel, il la contourna et sortit de la chambre. Une fois dans le couloir, l'air sec et glacé de la Congrégation le fit frissonner. Il marcha en direction de sa chambre, s'attendant déjà aux réprimandes de son grand-père.

Il ne savait pas ce qui lui avait pris. Et à présent il se sentait déboussolé, perdu, et en même temps effrayé. Si Lenalee n'avait pas frappé à la porte et était entrée sans préavis, elle l'aurait trouvé ainsi, penché sur Allen, venant de l'embrasser et sur le point de recommencer... Il n'osait pas imaginer sa réaction.

Le c½ur battant la chamade, il parvint sans trop d'encombre à rejoindre sa chambre, ne souhaitant plus que s'endormir et oublier les événements des dernières heures.


°°°°°°°°•°°°°°°°°

Allen se réveilla cinq heures plus tard, Lenalee à ses côtés. Après quelques instant d'un blanc spirituel teinté d'une rage qui n'était pas la sienne, il retrouva ses esprits, et le sourire inquiet de son amie. Assez affaibli par la fièvre qui venait juste de le quitter, il parvint tout de même à se lever et à rire de la situation du pauvre Link, coincé à l'extérieur de la chambre.

Il laissa Lenalee le précéder vers le réfectoire. Une fois seul dans la pièce, il jeta un regard autour de lui.

C'était peut-être juste une impression, mais il sentait en lui comme un oubli. Un oubli important. Il ne pouvait enlever de sa tête la sensation de quelque chose de doux sur son visage, ainsi que d'un regard brillant rencontrant le sien...

Il frissonna ; et fermant les yeux, posa un doigt hésitant sur sa lèvre inférieure.


Fin.
Moi : OMG, j'arrive pas à croire que j'ai réellement fait du shônen-ai O_O...

Lenalee : Dis, Gaara-chan... Je peux savoir pourquoi tu me files toujours le mauvais rôle alors que t'es sensée bien m'aimer ?

Moi : ... heu, bonne question... c'est vrai ça tiens... j'avais pas remarqué -_-'

Lenalee : Et puis, ton but en m'adoptant n'était-il pas de parvenir à hypnotiser généralement le monde afin d'obliger les autres à m'admirer et... Hmpf !!

Moi *bâillonne Lena* : Ben voyons, mais qu'est-ce que tu racontes là ? Arrête de dire des bêtises !!

*s'enfuit*

Pix :

# Posted on Wednesday, 16 September 2009 at 11:57 AM

Edited on Sunday, 11 October 2009 at 7:15 AM