Je viens de rentrer d'une répétition exténuante et j'ai eu une furieuse envie de Laven.

Hu hu ~
*ZBAF*

RINOU CHUIS TROP HEUREUSE QUE TU SOIS DE RETOUR !!!!!!! <33333333333
Même si chuis pu trop en état de crier là XD (ben vi, je viens de me défoncer la voix pendant deux heures sur l'Oratorio de Noël de Bach... magnifique mais... affreusement fatigant.).

# Posté le mardi 18 août 2009 15:32

Modifié le lundi 09 novembre 2009 15:48

[ HS ]

[ HS ]
Nyahaaaa ! *_*

Tome 1 de Black Butler (Kuroshitsuji) acheté !!! <333333333333

J'l'ai pas encore lu, j'ai d'abord tous les tomes de God Child à finir *w*
(<~ Plus tard : finalement, j'ai lu quand même...)
(<~ Encore plus tard : Ayé j'ai fini God Child xD (T-T))

# Posté le lundi 14 septembre 2009 11:10

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 04:09

OS Almayu. Reverse

OS Almayu. Reverse
Et voilà, déjà deux fictions écrites sur le duo/couple (?) Almayu. 'Nous en veuillez pas, hein. Kanda est tellement drôle à mettre en couple.

Cette... chose est donc le miroir de la fiction écrite par DGMotaku, c'est-à-dire la même chose (à peu près) mais écrite par moi d'un autre point de vue.
Hum, désolée, je suis un peu partie en live sur le début...

__________________

Alma savait à peine ce qui l'entourait. Depuis neuf ans qu'il était plongé dans cet état comateux — dont il ne savait même plus, d'ailleurs, le pourquoi du comment — son cerveau avait peu à peu perdu contact avec l'extérieur. Durant les premiers mois, il avait eu conscience des bruits qui l'entouraient. Ces bruits étaient flous mais lui permettaient de s'accrocher à quelque chose pour ne pas devenir fou. Mais bientôt les sons ne parvinrent plus à atteindre son cerveau, qui se retrouva plongé dans le silence.

S'il est une chose encore pire que le noir pour rendre fou un homme, c'est bien le silence. Pas le calme paisible qu'on aime entendre lorsque le monde se tait autour de nous ; mais le silence terrible, affreux, celui où rien ne perce, pas un son, pas un murmure, pas un souffle. Celui qui glace et qui pèse en même temps. Celui qui nous fait nous sentir si seul, si seul, dans un monde où l'on ne comprend plus rien, où l'on se perd. Alma ressentit ce silence, au plus profond de lui-même. Et son immobilité ainsi que son incapacité à voir ce qui l'entourait — car sa vue s'était évanouie à peine quelques semaines après le début de son « sommeil » — manquèrent de le rendre fou.

Son cerveau avait encore gardé quelques réflexes. Il chercha, dans les limbes de son esprit confus, une chose, n'importe laquelle, pour se raccrocher à ses derniers lambeaux de conscience. Il trouva presque instantanément l'image d'un garçon aux cheveux noirs et aux yeux vides.

Il se demanda mollement qui était ce garçon qui lui permettait encore de penser. Il était presque certain de l'avoir déjà rencontré. Il se souvenait de ces yeux, ces yeux d'un bleu presque noir. Il se souvenait de les avoir vus s'écarquiller de curiosité, s'allumer brièvement d'une vie timide, s'éclairer d'un sourire et même s'étoiler de larmes.

Des larmes. Quand avait-il vu les larmes envahir ces beaux yeux ? Un songe le prit, où il crut se voir en train de passer une main douce dans les cheveux de ce garçon. Puis de le serrer dans ses bras. Pendant un instant, il pensa même retrouver la sensation de ces larmes humides contre son épaule, à travers son toucher disparu.

Pourtant, malgré cela, malgré les bribes d'une vie qui ne lui appartenait plus, il ne se souvenait pas du nom de cet enfant. Cet enfant aux cheveux noirs. Il ne se souvenait de rien d'autre que son sourire toujours à demi-caché, et ces larmes qui réveillaient en lui une sorte de malaise. Presque de la culpabilité, mais son cerveau n'était plus en état de faire la différence.

Mais quelque chose changea en lui. Bien que ce fût infime, il le sentait l'emplir, un sentiment peut-être, il ne savait plus. Mais ce quelque chose restait. Et s'étendait davantage chaque fois qu'il revoyait le visage flou de ce garçon.

Et puis soudain... Alma se mit à ressentir. À ressentir une chose qui n'était ni son corps, ni sa faible conscience.

Une présence.

Cette présence l'obséda presque immédiatement. Si proche... elle était si proche ! La personne, la personne qu'il recherchait, il la sentait, là, près de lui, contre lui. Une lutte acharnée se déclencha dans tout son organisme en sommeil. Il se battit, pour penser, pour continuer de ressentir, jusqu'à ce qu'enfin... il sente. Jusqu'à ce qu'enfin il découvre sous son dos une surface qui n'était ni illusion ni rêve. Jusqu'à ce qu'enfin une lumière floue filtre jusqu'à sa rétine, par ses yeux ternes et entrouverts.

Un visage se tenait au-dessus du sien. Ce visage. À travers la paroi transparente qui les séparait encore, il vit le souvenir se superposer au présent. Ses cheveux avaient poussé. Son visage avait changé. Mais c'était toujours lui, lui, « lui », celui qui lui avait permis de tenir, celui qui avait préservé son c½ur à demi-mort de la folie.

Les yeux noirs s'écarquillèrent, comme... avant. La bouche d'Alma s'ouvrit, mais aucun son n'en sortit. Et pourtant... il sut, à cette étincelle qui éclaira le regard de son vis-à-vis, que celui-ci comprenait, ressentait tout comme lui.

- Yu...

Il répéta son nom. Ce nom dont il se souvenait enfin. Et en même temps que le nom revint la mémoire. Une larme de sang s'écrasa entre eux.


FIN.

Beurk, c'est moche XD. Mais j'ai écrit ça en une heure. Wow.

Pix by Zeolite <3

# Posté le jeudi 27 août 2009 12:12

Modifié le mardi 03 novembre 2009 06:36

-



Quand même... Hoshino est une sacrée cachottière ! X'D_____
Garder des bogoss pareils en réserve sans nous en_____
parler ! C'est honteux, vraiment..._____

Quand je vois ça... je me prends à espérer des passages avec Tryde
trèèèèèèès bientôt ! *¬*


Oh, dernier mot ; Hakushaku-tama, z'êtes trop sexy !!! 8D_____


Co-créatrice et membre du fanclub Almayu !
Membres :
- Tama (DGMotaku)
- Gaaraloveuse
- Strike-kun
- Nami
- x-Miki
- Dreamy-sadness
- Nanshoku
- Kaiuuru
- Itoshii-no-yume
- Pretty-azn
- Ready-steady-g0
- D-Gray-Man-Destiny__________________________
- Hoshino-Katsura-sama __________________________


Inscrivez-vous ! =)
[ Pour les plaintes, c'est chez Tama ! ¬v¬ *ZBAF* ]

# Posté le mardi 11 août 2009 12:25

Modifié le mardi 10 novembre 2009 13:17

« Même vivre me tue. » - Ça sonne faux, M.

« Même vivre me tue. » - Ça sonne faux, M.
Je veux, j'aimerais... (plein de choses mais je vais me restreindre, en fille humble que je suis *auréole*)

- La voir... Même si on se verra jamais assez =)

- Rencontrer mon sensei à la foire !! =D _ <3

- Le tome 18 de D Gray Man... Le 3 / 02 / 10 ! Merci de l'info Striky ! ^^

- Aller à la soirée chez Dim' !!
_ Géniaaaal ! >w<

- CONCERT DE M LE PREMIER AVRIL ???? >w<

# Posté le mercredi 09 septembre 2009 09:22

Modifié le mercredi 04 novembre 2009 06:55

OH P'TAIN CE CHAPITRE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! *w*

OH P'TAIN CE CHAPITRE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!! *w*
Mwahahahahaharfbwarf kof kof *s'étrangle*

Vous avez désespéré... vous avez secoué votre chat comme le pauvre sac à puces qu'il est, vous avez balancé vos cacahuètes par la fenêtre (pensée pour cette chère Watson 8D), et bien, voilà : I'm BACK !!

*ZBAF*

Bon bon j'me la ferme... mais j'vous ai manqué hein ? Hein ?

J'ai pleeeeeein de choses à dire. D'abord que je suis consternée qu'on puisse préférer une tapette comme Orlando Bloom à notre Johnny Depp international. Ensuite que je suis morte d'une crise cardiaque suite à la RAW du chapitre 188 (nemespoilezpasnemespoilezpasjevousensuppliejeveuxriensavoiravantlaVF !!! >w<). Et enfin que mes drogues musicales de ces vacances ont été Nougaro, M et Gad Elmaleh.

« Petit oiseau si tu n'as pas d'ailes... » MU HA HA HA HAAAA !!! XD

Heu... qu'est-ce que je pourrais bien dire maintenant... ah oui, happy Halloween à tous ! =) Moi je vais passer le mien dans la nuit de mardi à mercredi. Chez mon best. En partouze. Non, je blague, de toute façon on sera quatre filles pour deux mecs [losers] ça va pas le faire XD.

Voilà, c'est à peu près tout ! ^^

Ah, oui, j'avais aussi une question ; je voulais savoir comment vous m'imaginiez. En vrai. Physiquement et mentalement. Je ressemble à quoi, selon vous ? Répondez franchement, ça m'intéresse.

Je-suis-une-larve-no-life-et-imbécile-qui-pourrait-passer-sa-vie-devant-son-ordi-à-bouffer-du-chocolat-mais-je-vous-jure-qu'à-part-ça-j'ai-une-vie-sociale ! ¬¬

(ceux qui m'ont rencontrée n'ont pas le droit de souffler aux autres *pense à deux personnes en particulier*)

Bye ! ~

# Posté le dimanche 20 septembre 2009 08:29

Modifié le lundi 02 novembre 2009 05:04

J'aime les chansons psychédéliques.

*ZBAF*

Tableau de chasse — Claire Diterzi

PS : Bon anniversaire Anita ! *w*

# Posté le mardi 07 juillet 2009 16:44

Modifié le dimanche 08 novembre 2009 16:04

# Posté le vendredi 29 mai 2009 15:23

Modifié le jeudi 22 octobre 2009 09:06

OS Laven « Es-tu en train de t'éteindre, Allen ? »

OS Laven « Es-tu en train de t'éteindre, Allen ? »
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_______________________________________________________________________
___________________Vous l'aviez redouté attendu, eh bien ! le voilà >'D._____________
_________________--__One-Shot Lavi x Allen dédié à Striky donc, ainsi que Nami-chan---
______________________et tous les membres du MRCALEF en général ! ^^_--___'_____
________________________Bonne lecture ! Ou pas...____________________________
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Applaudissez-le, il est passé par de nombreux obstacles (notamment effacements-recommencements-mécontentement de l'auteur-etc...). J'espère qu'il vous plaira.
O
h, et au fait ! C'est shônen-ai ! Si, si, pour de vrai ! =D Oui oui je sais moi non plus j'arrive pas à y croire ! -_-'
(Les fans de Yuvi et Tyllen ont autorisation de me lapider parce que je suis incapable de leur en écrire ¬v¬)

Striky, je suis vraiment, mais alors VRAIMENT désolée du retard. C'était pas prévu. J'espère que tu me pardonneras... Un mois d'attente pour ça... :'(


Sforzando.
En musique, le Sforzando est une nuance. On accentue une note d'un coup sec, avant de diminuer rapidement le son.

Lavi poussa un soupir. Le silence était pesant, dans cette chambre étouffante. L'obscurité semblait rendre l'air encore plus lourd, si c'était possible, et l'odeur ambiante de fièvre et de sueur ne faisait rien pour arranger les choses. Jetant un regard autour de lui, il fit l'inventaire du peu de meubles de la pièce, qu'il avait pourtant déjà enregistrés, ainsi que leur position, au moment même où il était entré. Une table, deux lits, dont l'un sur lequel il était assis, une armoire à la porte abîmée dans un coin. Les rideaux de la fenêtre étaient tirés, le plongeant dans une pénombre aux tons bruns/ocres, qui laissait à peine deviner les susdits meubles. L'ennui le reprit, se disputant à l'inquiétude, et il retourna écouter le vide.

Finalement, ce n'était pas si silencieux que cela. Certes, personne ne parlait, ni lui, ni l'inspecteur aux cheveux blonds pourtant debout à moins de deux mètres, et encore moins la silhouette pâle allongée dans le second lit ; mais il percevait parfois le son des pas d'une personne passant devant la porte, un coup de vent dans les arbres au-dehors — la fenêtre était entrebâillée, laissant parfois passer un courant d'air froid. Et pourtant, il étouffait.

C'était peut-être à cause d'Allen. Allen, allongé sur ce lit devant lui, la respiration sifflante et le corps en ébullition. En vérité, c'était peut-être bien cela qu'on entendait le plus ; son souffle laborieux, parfois agrémenté d'un faible gémissement. C'était pour lui que toute lumière était éteinte, pour lui que la fenêtre était ouverte, et à cause de lui que l'air était moite et suintait la douleur. Même avec le peu de lumière, Lavi pouvait voir la parcelle de cou luisante qui dépassait de l'épaisse couverture. Le gamin était trempé et brûlant, le visage crispé — ou du moins, c'était ainsi qu'il l'imaginait, et pour le moment, il n'était pas pressé d'aller vérifier. D'abord parce que cela ne ferait qu'augmenter son inquiétude ; ensuite parce que Link ne lui avait permis de rester qu'à la condition qu'il ne s'approchât pas du blessé de moins de dix pas.

Allen et les autres étaient rentrés la veille au soir. Blessés, pour certains d'entre eux en tout cas. Il avait senti son estomac se nouer douloureusement en apercevant les moignons sur la main droite de Marie. Le reste était confus ; on avait parlé de morts, d'akuma et de piège. L'infirmerie était bondée de gamins fiévreux dont il savait simplement qu'ils avaient été attaqués dans un orphelinat. Le résultat était que Kanda et Allen étaient restés dehors, chassés par l'infirmière débordée. Et puis soudain, Allen s'était effondré au sol, brûlant de fièvre. Il ne s'était pas réveillé depuis.

Lavi était là à l'instant où cela s'était produit ; et il n'avait pu que regarder Link entraîner le garçon dans sa chambre pour l'allonger sur le lit. L'inspecteur affirmait qu'il ne s'agissait que d'une simple fièvre due à trop de blessures. Selon lui, l'Innocence de type symbiotique d'Allen, habituée à guérir toute plaie, était trop sollicitée et fatiguait, déclenchant une réaction dans son organisme.

Cela faisait près de deux heures qu'il attendait au chevet d'Allen. Il ne se souvenait même plus de la raison pour laquelle il était arrivé dans cette chambre. Ah, si... Il n'arrivait pas à dormir. Après quatre heures de lutte acharnée pour trouver le sommeil, il avait abandonné, et sans réveiller Bookman, était sorti de la chambre. Dans les couloirs, il faisait froid. L'air de décembre s'infiltrait sous les murs et par les grandes fenêtres, et les membres de l'Ordre qu'il croisa étaient tous emmitouflés dans de grandes vestes à la doublure épaisse.

Il avait parcouru un grand nombre de salles et de couloirs sans penser à rien. Il avait espéré se fatiguer ainsi ; mais son corps ne tenait pas en place. Il était arrivé devant l'infirmerie un peu par hasard ; et l'avait trouvée débordante d'infirmières aux cernes lourds, occupées à soigner une trentaine d'enfants fiévreux et délirants, ainsi que Marie, gravement touché. Lavi était resté un instant, distant, à observer ces gens bouger en tous sens pour sauver tout le monde, et s'était encore une fois demandé pourquoi il ne s'inquiétait que pour une seule personne, et pas la plus en danger de surcroît.

Il s'était finalement éloigné sans signaler sa présence et avait encore marché un moment, le visage de son cadet lui flottant en tête, avant de se dire avec justesse que le plus simple moyen de mettre fin à cette litanie d'angoisse était peut-être de rendre visite au concerné. Il avait donc pris la direction de la chambre d'Allen. Ce fut un Link épuisé et de mauvaise humeur qui lui ouvrit. Surpris et agacé, celui-ci accepta de mauvaise grâce de le laisser entrer. Lavi avait tout de suite été enveloppé de la moiteur ambiante, et passée la première stupeur, s'était installé sur le second lit.

C'était ici qu'il se tenait toujours, à près de cinq heures du matin, l'esprit un peu plus calme mais toujours sans sommeil. Depuis deux heures, il écoutait le souffle d'Allen se répercuter dans le silence, et parfois un léger son provenant de Link.

Alors, quand quelqu'un frappa soudainement à la porte, il ne put s'empêcher de sursauter. « Double-Verrue » passa sans un mot devant lui et ouvrit la porte. Il demanda d'un ton agacé :

- C'est pour quoi, encore ?

Dans l'entrebâillement, Reever se tenait droit, ses yeux injectés de sang et les paupières tombantes.

Encore un qui n'avait pas pu dormir de la nuit, songea Lavi.

- Nous venons de recevoir un message de la part de Central, annonça le scientifique. Vous devez rejoindre le secrétaire Luberier là-bas, une réunion importante vous attend tous les deux.

Link jeta un regard à Allen, sur le lit.

- Que fais-je de ma surveillance ? répliqua-t-il.

- Bah, Luberier a dit que c'était bon pour aujourd'hui. De toute façon, Allen ne risque pas de se réveiller avant encore plusieurs heures. D'ici-là, vous serez rentré.

Link ne bougea pas pendant encore un moment, comme s'il hésitait à croire aux paroles de Reever. Puis, avec un dernier soupir las, il attrapa sa veste et sortit. Reever aperçut Lavi et lui adressa un signe de tête.

- Le sommeil te fuit aussi ? demanda-t-il.

- Ouais...

- Une vraie épidémie, marmonna le scientifique. Tout le monde est débordé. Mais c'est bien que tu restes là, surtout préviens-nous s'il se passe quelque chose avec Allen. Bon, salut à toi, Lavi.

La porte se referma. Lavi resta immobile pendant un instant, surpris. La scène s'était déroulée si rapidement... Il s'allongea sur le lit, les bras croisés derrière son crâne, et contempla le plafond blanc, pour l'heure plongé dans la pénombre. Est-ce que cette soudaine convocation était en rapport avec la mission qu'Allen et les autres venaient d'accomplir ?... Ce serait étrange. Habituellement, sauf grandes exceptions, les instances de Central restaient ignorantes de détails tels que les blessures, et pour ce qu'il en savait, à part l'apparition d'un second akuma de niveau 4, tout s'était bien terminé. Dans les grandes lignes, et si l'on oubliait les doigts manquants de Marie et la trentaine de gosses enfiévrés qui menaçaient de faire exploser l'infirmerie en effervescence.

Un second sursaut le prit quand il entendit un gémissement à son côté. Des bruits de draps se firent entendre, ainsi que le son d'un objet tombant au sol. Lavi se leva et constata qu'Allen avait simplement remué dans son sommeil, faisant glisser sur les dalles de pierre la serviette humide posée sur son front. Il la ramassa et la replongea un instant dans la bassine d'eau préparée à cet effet sur la table de chevet. Puis il l'essora et la replaça sur le front brûlant de l'endormi. Sa peau pâle était moite et terriblement chaude sous sa paume, alors qu'il écartait quelques mèches blanches trempées de sueur. Sa main s'attarda encore quelques secondes, puis se retira. Lavi tira une chaise vers lui et s'assit dessus à l'envers, à califourchon, le haut du dossier sous son menton alors qu'il observait le visage tendu d'Allen.

Il ne comprenait pas. Depuis la veille au soir, il avait l'impression de ne plus rien comprendre. Ni ce qui s'était déroulé durant cette foutue mission, ni les enfants malades à l'infirmerie, ni les doigts manquants de Marie, ni la convocation de Link par Central et encore moins Allen et sa foutue fièvre qui refusait de tomber. Serrant les dents, il passa une main nerveuse dans sa tignasse rousse en lâchant un grognement mécontent.

- Et toi, murmura-t-il à l'adresse de Timcanpy, posé sagement sur les draps auprès de la tête de son maître. Tu ne pourrais pas m'aider, un peu ?

Le golem se contenta de rester immobile et, bien entendu, silencieux. Lavi, la main toujours fourrée dans sa nuque, regarda en silence les couvertures se soulever sous la respiration laborieuse d'Allen.

Il ne savait pas pourquoi il restait ici, ni pourquoi le sommeil le fuyait encore. Pourtant, il était rassuré, si l'on pouvait dire, quant à l'état de santé d'Allen. Il n'y avait aucune raison pour que son esprit fût encore perturbé.

- Ah, oui, Reever, murmura-t-il.

C'était un demi-mensonge. À l'instant, la demande de Reever pour qu'il surveillât Allen lui était complètement sortie de l'esprit, mais à présent qu'il s'en souvenait, il la trouvait curieusement accommodante. Pour une raison qui lui échappait, il n'avait pas envie de sortir de cette chambre étouffante de moiteur et d'obscurité. Quelque chose lui disait de rester. Peut-être était-ce le corps d'Allen, qui semblait comme une source de chaleur tant sa fièvre était forte.

Sa main se dégagea de son épaule pour aller ébouriffer affectueusement les cheveux humides de son ami.

- Hey, Allen. Tu vas dormir encore longtemps comme ça ?

Dans le silence épais de la pièce, sa voix semblait empreinte d'un amusement mêlé de mélancolie. Ce fut ce même silence chaud et lourd qui lui répondit, et il s'en sentit curieusement mal. Ses doigts s'enfoncèrent plus profondément dans les mèches de neige éparpillées sur les oreillers.

- Dépêche-toi de te réveiller, Allen... marmonna-t-il.

Cela devenait presque douloureux. Douloureux et angoissant. De voir Allen, ce jeune homme toujours si plein de vie et souriant — même si la plupart du temps ce sourire était faux — étendu là, les lèvres tremblantes et les joues rougies de chaleur. De voir son corps, élancé et énergique, si étrangement immobile et caché sous trois épaisseurs de laine. De le voir immobile, en fait. Car Allen Walker n'était jamais immobile ; Allen Walker était ce genre de garçons qui trouve toujours quelque chose à faire, un coin pour s'entraîner et oublier les révélations pesant sur ses épaules, son passé, ses peurs... Lavi tira légèrement sur les cheveux blancs, espérant un son, une réaction, quelque chose. Il n'obtint rien. Son poing se crispa.

Depuis des jours, Allen se montrait distant, envers tout le monde. Il n'avait même pas pris la peine de les prévenir, ni lui ni Lenalee, qu'il partait en mission. Lavi ne l'avait su que de Komui. Et il rentrait ainsi, l'uniforme lacéré, couvert de sang, et ravagé par la fièvre. Que lui arrivait-il ? Pourquoi ce garçon qui quelques semaines auparavant, dans une arche en plein éboulement, jurait de ne jamais abandonner, se retrouvait aujourd'hui allongé dans un lit, incapable d'ouvrir les yeux ?

Quand la marque de ses ongles fut visible dans sa paume, Lavi desserra la main et la posa de nouveau sur le visage de son cadet. Son index suivit par automatisme la courbe de sa joue, puis celle de sa mâchoire, avant d'aller caresser la commissure de ses lèvres entrouvertes. Il sentit le souffle d'Allen passer sur sa peau, comme pour le rassurer, pour lui confirmer qu'il était bien vivant...

Il se stoppa à cet instant, sentant qu'il commençait à aller un peu trop loin. Il ne connaissait pas très bien ses limites lorsqu'il s'agissait d'Allen. La barrière entre le jeu et l'affection avait fondu depuis longtemps entre eux, mais depuis cette aventure dans l'Arche, depuis ce jour où Road avait libéré cette personnalité inhumaine qui l'habitait, il sentait que même l'affection — déjà prohibée par son clan — qu'il éprouvait, migrait vers autre chose... Et il se refusait à mettre un nom sur ce qu'il commençait à ressentir.

Le souffle contre sa main se fit plus fort, et un nouveau gémissement franchit les lèvres sèches de l'endormi. Allen remua vaguement la tête en serrant les dents. Dans un geste machinal, Lavi replaça la serviette humide sur son front, et un soupir se fit entendre, ainsi que des paroles incompréhensibles. La couverture glissa sur le côté, dévoilant une partie de son cou et ses épaules, sous une chemise qui ne semblait plus être qu'un amas de tissu trempé.

Allen lui faisait désormais presque face. Son visage était luisant, et sa peau semblait dégager un halo lumineux, tant les minuscules lueurs provenant de temps à autres de la fenêtre se reflétaient dessus. Lavi laissa le dos de sa main essuyer un peu ses joues et caresser sa temps et ses cheveux, dégageant de temps en temps une mèche humide venant barrer le front de l'endormi.

C'était presque cruel à dire, mais même dans cette situation, Allen dégageait toujours ce charme qui le caractérisait. « Le charme pur d'un ange », comme se plaisaient à le dire certaines personnes. Lavi n'était pas d'accord. Cette lumière, visible ou non, qui semblait entourer Allen chaque fois qu'il souriait, combattait ou faisait quoi que ce fut, était selon lui un mélange de tout ce qui le caractérisait. Car pour lui, le Bookman, qui cherchait à travers les façades pour creuser dans les rainures crasseuses du monde, il savait que ce qui définissait le mieux Allen n'était pas « Amour » comme on voulait bien le croire. Oui, pour lui, le seul mot qui lui venait à l'esprit quand il voyait le sourire de son cadet, c'était « Tristesse ».

Il savait quand il s'en était rendu compte pour la première fois ; de cette tristesse dans ses sourires. C'était dans l'Arche en destruction. Juste avant qu'ils n'affrontent Tyki et Road. Au moment où lui était venue en tête la métaphore de la lumière, justement. La lumière sur le point de s'éteindre...

- Es-tu en train de t'éteindre, Allen ?

Sa voix n'était plus qu'un murmure légèrement triste.

Le temps s'écoulait lentement, sa main toujours posée sur la tempe brûlante d'Allen, glissant parfois en caressant sa peau. Sous la fenêtre, la lueur pâle de l'aube naissante traçait un sillon clair qui grandissait doucement. Lavi laissa son ½il errer sur le visage peu à peu dévoilé de son camarade. Il suivit du regard la ligne de son cou et de ses épaules, où quelques pansements et bandages parfois tachés de rouge se trouvaient. Une envie dangereuse le prit soudain.

Il se retint, sachant parfaitement que ce genre de choses était interdit, à la fois par son clan et par une règle sans appel de l'Église et du Vatican. Et pourtant...

Jetant un bref regard vers la porte close, il se leva de sa chaise et s'assit sur le bord du matelas. Sa main se posa sur l'oreiller, et il s'appuya dessus pour se pencher. Son front vint reposer contre celui d'Allen, et il ferma les yeux. Le souffle hasardeux du jeune homme caressait son cou et son menton. Il pouvait le sentir, son corps sous son bras, son visage sous le sien.

Leurs lèvres entrèrent en contact très doucement. Celles d'Allen était rendues sèches par la fièvre et la déshydratation. Lavi les frôla à peine, puis, après un instant d'hésitation, y posa les siennes plus fermement. Il ne fit rien, ne bougea pas, profitant simplement de la sensation de leurs corps si proches.

Lorsqu'il rompit le baiser, deux yeux gris et voilés le fixaient. Il mit quelques instant à comprendre qu'Allen était éveillé. Incapable de se soustraire au regard de plus en plus incrédule et étonné de son compagnon, Lavi balbutia :

- Allen, je...

Il fut interrompu par des coups violents frappés à la porte. Se redressant d'un coup et manquant par la même occasion de se cogner la tête contre le mur, il s'éloigna rapidement du lit.

- O-Oui ? articula-t-il en évitant soigneusement de regarder dans la direction d'Allen.

- Lavi, c'est toi ?

- Lenalee ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- C'est Reever qui m'envoie, il pense que tu dois être fatigué...

Lavi l'écoutait à peine. Risquant un coup d'½il dans son dos, il découvrit avec bonheur que le blessé était retourné dans les limbes de son sommeil. Visiblement, il avait simplement ouvert les yeux quelques secondes.

Lenalee ouvrit la porte et jeta un regard inquiet à Allen.

- Je vais te relayer, proposa-t-elle. Va te reposer.

- Si tu le dis...

Avec un peu trop de précipitation pour que ce fût naturel, il la contourna et sortit de la chambre. Une fois dans le couloir, l'air sec et glacé de la Congrégation le fit frissonner. Il marcha en direction de sa chambre, s'attendant déjà aux réprimandes de son grand-père.

Il ne savait pas ce qui lui avait pris. Et à présent il se sentait déboussolé, perdu, et en même temps effrayé. Si Lenalee n'avait pas frappé à la porte et était entrée sans préavis, elle l'aurait trouvé ainsi, penché sur Allen, venant de l'embrasser et sur le point de recommencer... Il n'osait pas imaginer sa réaction.

Le c½ur battant la chamade, il parvint sans trop d'encombre à rejoindre sa chambre, ne souhaitant plus que s'endormir et oublier les événements des dernières heures.


°°°°°°°°•°°°°°°°°

Allen se réveilla cinq heures plus tard, Lenalee à ses côtés. Après quelques instant d'un blanc spirituel teinté d'une rage qui n'était pas la sienne, il retrouva ses esprits, et le sourire inquiet de son amie. Assez affaibli par la fièvre qui venait juste de le quitter, il parvint tout de même à se lever et à rire de la situation du pauvre Link, coincé à l'extérieur de la chambre.

Il laissa Lenalee le précéder vers le réfectoire. Une fois seul dans la pièce, il jeta un regard autour de lui.

C'était peut-être juste une impression, mais il sentait en lui comme un oubli. Un oubli important. Il ne pouvait enlever de sa tête la sensation de quelque chose de doux sur son visage, ainsi que d'un regard brillant rencontrant le sien...

Il frissonna ; et fermant les yeux, posa un doigt hésitant sur sa lèvre inférieure.


Fin.
Moi : OMG, j'arrive pas à croire que j'ai réellement fait du shônen-ai O_O...

Lenalee : Dis, Gaara-chan... Je peux savoir pourquoi tu me files toujours le mauvais rôle alors que t'es sensée bien m'aimer ?

Moi : ... heu, bonne question... c'est vrai ça tiens... j'avais pas remarqué -_-'

Lenalee : Et puis, ton but en m'adoptant n'était-il pas de parvenir à hypnotiser généralement le monde afin d'obliger les autres à m'admirer et... Hmpf !!

Moi *bâillonne Lena* : Ben voyons, mais qu'est-ce que tu racontes là ? Arrête de dire des bêtises !!

*s'enfuit*

Pix :

# Posté le mercredi 16 septembre 2009 11:57

Modifié le dimanche 11 octobre 2009 07:15

Yuvi pour D-Gray-Dream« Kanda était si froid. »

Yuvi pour D-Gray-Dream« Kanda était si froid. »
_(_Pour D-Gray-Dream, en réponse à son article_''_)_
'_')__Encore merci à toi pour ton superbe laven x3-'(_____________Y U V I____P O W A___=3
_(____Et bonne lecture à tous !____.___.__-_____'')


Découvertes.
L'histoire se situe peu après l'arrivée à la Congré' de Lavi. Donc pas d'Allen [snif :'( ].

Lavi, en tant qu' « héritier désigné des Bookmen », ne connaissait pas cette sensation. Pour lui qui se devait de ne pas avoir de c½ur, c'était un monde inconnu que ce froid se glissant silencieusement dans ses entrailles alors qu'il soutenait le regard de Kanda.
« Enchanté », fit-il le sourire aux lèvres. « Mon nom est Lavi. »

Leur première mission ensemble fut pénible mais mémorable.
Le panorama était superbe ; d'une beauté gelée et un peu étrange. Les falaises s'enfonçaient dans la mer si brutalement qu'on eût dit que la roche avait été coupée là par quelque main immense. L'eau, glacée et profonde, semblait presque noire et miroitait sous la lueur de la lune, les étoiles se reflétant sur sa surface lisse comme autant d'étincelles.
Lavi aimait la nuit. Il aimait lorsque la lune figeait les choses dans leur magnificence, quand sa lueur pâle les caressait doucement, faisant mourir le temps et naître les fantômes. Il aimait sentir l'air froid s'infiltrer contre sa chair et le silence l'entourer. Parce que la nuit immobilisait la vie le temps de quelques heures, c'étaient autant d'heures de calme pour son esprit. Et parfois, il aimait sentir son esprit au calme.
Cette nuit aurait pu être comme les autres. Elle aurait dû être comme les autres.
Mais pour une fois, le ciel noir ne l'apaisait pas. Pour une fois, il ne parvenait pas à regarder la voûte céleste sans penser à rien, il ne parvenait pas à vider sa tête. Car ce froid en lui était de nouveau là.
Le morceau d'Innocence s'était fiché dans la falaise, presque inaccessible. L'unique moyen d'aller le chercher était de descendre en rappel ; Lavi ne pouvait utiliser son maillet dans un tel endroit. Il saisit la corde que lui tendait un traqueur inquiet et s'attacha méticuleusement.
La descente était dangereuse. Lavi s'accrochait d'une main aux accrocs trop rares de la roche ; vraiment, cette falaise semblait avoir été lissée intentionnellement. De son autre main, il tenait la corde.
Son pied glissa ; il se retint comme il put, le chanvre lui brûlant la paume. Par bonheur, la lumière était suffisante pour qu'il y vît un peu ; et plus bas, l'innocence luisait faiblement, éclaboussant la paroi de points verdâtres qui le guidaient. Il parvint finalement à s'en saisir, et entama la remontée.
Une fois en haut, il s'effondra sur le sol, haletant, les mains en sang. Le traqueur s'agenouilla devant lui et commença aussitôt à soigner les plaies. Lavi regarda Kanda.
L'épéiste ne se rendit visiblement pas compte qu'il était observé. Son regard était fixé vers le large, et quelque chose fit de nouveau se répandre ce froid dans son corps.
Et il ne comprenait pas.

Un mois passa. L'hiver arriva avec son lot de maladies et de difficultés. Des scientifiques et des traqueurs tombèrent malades. Cette année, les premières neiges seraient rapides.
Un matin de début décembre, Lavi se réveilla de façon étrange. Son cerveau retrouva ses capacités avant même qu'il n'ait ouvert les yeux. Les paupières closes, il écouta un peu ce qui l'entourait. La respiration calme de Bookman, toujours endormi sur le lit du dessus, des bruits de pas qui parfois se faisaient entendre depuis la porte, et un son presque imperceptible... Un son calme et frais. Son unique ½il s'ouvrit.
Ce fut la lumière qui le fit deviner. Une lumière blanche et douce qui émanait de la fenêtre malgré les rideaux tirés. Il se leva et regarda au-dehors.
Il neigeait. Derrière le carreau, il voyait de doux flocons blancs tomber vers un sol invisible. Il s'étonnait d'ailleurs ; pouvait-il neiger alors qu'ils se trouvaient si loin du sol ? Il avait toujours vu les nuages en-dessous du niveau de la tour. Mais pas d'erreur ; cette fois-ci, en levant la tête, il ne vit pas un ciel bleu mais une étendue blanche.
Dans les couloirs, c'était l'effervescence. D'après ce qu'il comprit, la neige avait déjà bloqué plusieurs sorties. Des traqueurs passaient devant lui avec des pelles. Il entendit Komui proposer l'aide de l'un de ses robots, aide presque aussitôt refusée par Reever.
Le réfectoire était presque vide. Il n'y avait là qu'un groupe de scientifiques et Kanda, mangeant à l'écart. Lavi l'observa ; ce garçon si irascible l'intriguait. Peut-être parce qu'il n'arrivait pas à lire en lui comme avec les autres.
Lenalee entra dans le réfectoire à cet instant. Le saluant d'un signe de tête, elle s'avança vers le japonais. Il n'entendit pas leur conversation. Mais peu après Kanda se leva et la suivit sans un mot.


            •           

La première fois que Kanda vit Lavi, il se sentit mal à l'aise. Au-delà du sourire amical du rouquin, il sentait une dureté étrange. Ce garçon savait. Savait quoi ? Lui-même préférait ne pas y penser. Ce garçon savait les gens, savait leurs histoires et leurs secrets. Il savait leurs m½urs les plus abominables, les actes inavouables.
Ils se regardèrent pendant une seconde, mais Kanda lui tourna le dos.

Il ne fit rien pour se rapprocher. Certes, il ne faisait rien non plus pour se rapprocher des gens en général ; mais il se sentait le besoin de mettre de la distance entre lui et ce roux.
Il le laissa se débrouiller lors de leur première mission.
Attendant qu'il termine de son escalade, il regardait l'horizon. L'endroit était beau. Figé et calme.
Quand Lavi remonta, il ne lui accorda pas un regard.
Cependant, il sentit celui que lui jeta son camarade.


            •           

Lavi avait trouvé un moyen de se rapprocher. En quelque sorte. Désormais, depuis deux mois qu'ils se connaissaient, il avait pris l'habitude de le taquiner sans cesse. Kanda répondait de façon assez amusante à ce comportement enfantin ; finissant souvent par le menacer avec Mugen ou allant s'enfermer quelque part pour trouver la paix.
Cependant, Lavi sentait toujours, parfois, ce froid en lui. Ce froid qu'il ne comprenait pas.
Il revenait lorsqu'il voyait Kanda ignorer les gens qui l'entouraient, les sourires de Lenalee ou des autres, les marques d'affections. Kanda évitait l'amitié des autres comme la peste.
Et il avait fini par assimiler ce froid en lui à Kanda lui-même.
Kanda était si froid. Comment pouvait-on être si froid ?
Y avait-il une raison ? Un passé lourd qui l'obligeait à tant de distance ?
Lavi voulait savoir. De plus en plus. Il y pensait la nuit, durant ses heures d'insomnie.
Kanda Yû. En vérité, que cachait-il ?


            •           

Kanda se maudissait. Il se maudissait, et il maudissait ce « stupide lapin », comme il avait pris l'habitude de le surnommer. Malgré lui.
Et c'était pour ce surnom et pour d'autres choses qu'il se maudissait. Parce qu'un surnom indiquait toujours une proximité. Et que Kanda ne voulait de la proximité de personne, et surtout pas de Lavi.
Il ressentait toujours ce malaise en sa présence, cette sensation étrange.
Et il se détestait. Il se détestait de répondre aux provocations de Lavi, de jouer son jeu, alors qu'il aurait dû l'ignorer, alors qu'il devrait l'ignorer.
Mais comment l'ignorer ? Comment l'ignorer, alors que durant ces disputes puériles il sentait l'½il vert de Lavi le sonder, l'analyser, étudier la moindre de ses réactions ?
Lavi. Bookman Junior. En vérité, que cherchait-il à travers ces jeux ?


            •           

« Hey, Kanda !
- Lâche-moi, espèce d'idiot !
- Comment c'était la dernière mission ? Pas trop fatigué ? Les traqueurs te trouvent terrifiant, t'es au courant ?
- La ferme. Et cesse de rire comme un attardé.
- Rah, t'es pas drôle. »
Un éclat de rire fut suivi du sifflement de l'acier, qui trancha l'air dans un geste fluide.
Dans un couloir, deux silhouettes.
Deux garçons se jaugeant l'un et l'autre.
Lavi partit en courant, le visage fendu d'un rire enfantin, alors que Kanda rengainait Mugen.



Les cercueils passèrent devant son visage attentif et silencieux. Beaucoup de cercueils. Une trentaine. En vérité, ils étaient vingt-neuf, mais seul Lavi prit la peine de les compter, par automatisme. Suivant ces cercueils, des traqueurs blessés ou en larmes. Parfois les deux. L'un d'eux s'effondra par terre avant d'avoir franchi la porte d'entrée. Il hurlait. Il hurlait qu'il s'excusait, il disait que la mort de son chef n'était due qu'à son incompétence, que cet homme était mort pour le sauver à cause d'une inattention de sa part.
À côté de Lavi, Lenalee tomba à genoux, les joues baignées de larmes.
Son regard s'accrocha à une silhouette familière et pour l'heure tachée de sang. Kanda traversait le hall sans un regard en arrière. Alors que la porte se refermait et que les derniers blessés rentraient, Lavi partit à son tour. Sans réfléchir, il emprunta le même chemin que le japonais.
Il n'était pas compliqué à suivre. Sur son passage, Kanda laissait des traces de terre parfois mêlées de sang, et Lavi se demanda s'il était blessé. À sa grande surprise, l'épéiste ne prenait pas la direction de sa chambre, mais emprunta un escalier en colimaçon. Lavi n'était encore jamais allé dans cette partie de la tour.
Les marches étaient nombreuses. Après plus de dix minutes, il se demanda si elles finissaient un jour. Mais il déboucha sur le toit.
Le ciel d'un semblait d'un noir bien plus profond qu'à l'accoutumée. Aucune nuance de bleu ; juste une grande étendue de ténèbres. Le ciel était couvert d'épais nuages, qui ne laissaient passer ni la lueur de la lune ni celle des étoiles.
« Qu'est-ce que tu fais là ? »
La voix de Kanda venait de retentir à sa droite, le faisant sursauter.
« Je t'ai suivi » répondit-il tout simplement.
Dans la pénombre, il ne voyait pas l'expression qu'arborait le visage du japonais. Il se demanda s'il fronçait les sourcils. Oui, il l'imaginait très bien ainsi ; fronçant les sourcils, se demandant avec agacement ce que cet abruti de lapin faisait là. Mais Kanda poussa simplement un long soupir avant de s'éloigner. Lavi entendit quelque chose goutter au sol.
« Tu es blessé ?
- Plus maintenant. »
Son ton était plus fatigué que ce à quoi le roux s'attendait. Cette mission, terminée en hécatombe, avait dû être éprouvante pour que Kanda ne trouve même plus la force de lui dire de déguerpir. Lentement, il s'approcha. La silhouette de l'épéiste se devinait près de la rambarde de sécurité, les coudes appuyés dessus et le menton dans les mains. Lavi se plaça à sa gauche sans un mot.
Pendant longtemps, ils restèrent ainsi, en silence ; les yeux se promenant dans le vide, cherchant à s'accrocher à quelque chose. À un moment, l'une des fenêtres de la tour dut s'illuminer ; car son reflet fut visible et éclaira un instant le sol. Ils virent des ombres, nombreuses, s'y mouvoir, et Lavi se demanda si c'était l'endroit où l'on célébrait la cérémonie funéraire.
« Que s'est-il passé ? » demanda-t-il finalement.
« Une embuscade. Ces crétins de traqueurs sont tombés droit dedans. J'ai été appelé en renfort, mais avant que j'arrive, il y avait déjà une vingtaine de morts.
- Je vois. »
Aucun d'eux ne sut jamais combien de temps ils restèrent ainsi, l'esprit vagabondant dans la nuit noire et trop épaisse. Mais cette nuit fut celle de leur première découverte.
Il leur était possible de se comprendre.
Lavi comprit que ce froid en lui, lorsqu'il voyait Kanda, était en fait cette carapace qu'il pouvait désormais ressentir autour du japonais. Cette carapace que Kanda s'était forgée il ne savais comment, pour se protéger. De quoi ? Il n'en savait rien. Des autres, sûrement. Des relations humaines.
Kanda comprit que ce malaise dans ses entrailles lorsqu'il voyait Lavi était en fait de la peur. Peur de ce savoir que Lavi possédait et dont il ne connaissait pas les limites. Peur de ce qu'il pourrait découvrir à son sujet, peur parce qu'il n'avait pas l'habitude qu'on en sût plus que lui sur quoi que ce fut.
Et en comprenant cela, il leur était possible d'envisager une nouvelle façon de se comporter l'un vis-à-vis de l'autre.
Peut-être.



Un soir, six mois après l'arrivée de Lavi à la Congrégation, Kanda trouva ce dernier sur le sol, devant la porte de sa chambre. Il était assis, les genoux relevés contre sa poitrine et le visage dissimulé par ses mèches rousses.
« Qu'est-ce que tu fais là ? »
Sa voix résonna étrangement dans le silence.
« Rien. »
Kanda sentit un frisson désagréable lui parcourir l'échine. Le timbre de Lavi était neutre, bien trop neutre. Il était terne, presque vide. Il comprit en apercevant des taches de sang sur son uniforme.
« Tu reviens de mission ?
- Mmh.
- Et je peux savoir ce que tu fous devant ma chambre à une heure pareille ? »
Il devait bien être aux environs de une heure du matin.
« Et toi, » répliqua Lavi, « que fais-tu hors de ta chambre à une heure pareille ? »
Kanda serra les dents.
« Je ne vois pas en quoi ça te regarde.
- Pas faux... pour répondre à ta question, je cherchais un endroit tranquille.
- Et bien va le chercher ailleurs. » déclara Kanda d'un ton las en tournant les talons. « Tu es vraiment... »
Il s'interrompit, et pour cause ; deux bras venaient de se glisser autour de ses épaules, et un corps étranger de se coller contre son dos. Le souffle momentanément coupé par la surprise, il dit d'un ton froid :
« Je peux savoir à quoi tu joues ?
- S'il te plaît, » interrompit Lavi.
Kanda se tut. La voix du rouquin avait eu, à l'instant, un accent désespéré.
Lavi empestait. Il empestait l'odeur du sang, de la terre. L'odeur qu'avaient les missions se terminant mal. L'odeur qu'avait eue cette mission des mois plus tôt, cette mission après laquelle, tous les deux, ils étaient restés sur le toit en silence.
Kanda comprit. Il comprit que Lavi avait besoin d'une ligne de survie, d'une roue de secours, de n'importe quoi. Qu'il avait juste besoin de se tenir à quelque chose, quelque chose qui ne lui poserait pas de questions, qui n'essaierait pas de le rassurer inutilement.
« Je n'ai rien fait » déclara Lavi d'une voix tranquille. « Je les ai laissés en arrière comme de la chair à canon. »
Lavi était un Bookman. Il n'éprouvait pas de remords pour ce qu'il avait fait, du moins pas dans le sens que la morale eût exigé ; pour lui qui, dégoûté de l'humanité, s'était juré de rester un observateur impassible, il était impensable qu'un jour il fût amené à commettre les mêmes actes qu'il avait tant haïs. Et pourtant, durant cette mission, il avait bien laissé ces trois traqueurs derrière sans un regard. Parce qu'ils étaient blessés et qu'ils auraient été une gêne par la suite. Si, sur le moment, il n'avait absolument rien ressenti, après coup, il se dégoûtait. Car il s'était comporté comme ces humains qu'il dénigrait.
« L'un d'eux avait dix-sept ans. Il a...
- Ferme-la. »
Kanda ne savait bien évidemment rien de tout cela. Et il ne désirait pas l'apprendre. Il ne désirait pas ressentir de compassion pour un homme qui était mort, ni pour ce roux qui, en tant que Bookman, finirait par disparaître comme il était apparu.
Il détacha d'une main ferme les bras qui entouraient son cou et se retourna pour croiser le regard de Lavi.
« Tu as de la chance d'être blessé, qu'il fasse nuit et que je sois fatigué, » énonça-t-il lentement. « Recommence ça un jour et je te tranche en deux, stupide lapin. »
Un maigre sourire étira les lèvres du rouquin.
« J'aimerais bien voir ça, » répliqua-t-il.
Ils se chamaillèrent encore un instant. Puis Kanda entra dans sa chambre et ferma la porte.
Quelque part, ils se doutaient que ce qui venait de se dérouler était de trop. Qu'ils étaient allés trop loin, chacun de leur côté. Lavi pour avoir enlacé Kanda sans prendre en compte cette répugnance que l'épéiste ressentait envers tout contact humain. Et Kanda pour n'avoir pas résisté, laissant par là au roux une chance d'en savoir plus sur lui.
Mais finalement, ce n'était pas plus mal. Ils continueraient de se jauger, de se tester, de se découvrir peu à peu. Laisser l'autre franchir la ligne une seconde, prendre le risque de se voir percé à jour en premier ; c'était un jeu auquel ils se prêtaient sans se l'avouer.
Jusqu'au jour où l'un d'eux perdrait.
Et, au même instant, alors qu'ils songeaient à cela, ils sourirent.


Fin.
Je l'ai fait ! T'as vu, j'ai réussi ! x'D. J'espère (sans grand espoir) que c'est à la hauteur de tes attentes, D-Gray-Dream ! (de toute façon c'est tout ce que mon esprit sous-développé est capable d'écrire. Nyé.)
Au passage, bonne rentrée à tous ! (T_T) Et promis, un jour j'écrirai du laven... un jour... *va se pendre*

Pix :

# Posté le jeudi 27 août 2009 17:14

Modifié le mercredi 02 septembre 2009 10:53